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Prime Jerusalem, Holyland — 15 % à la signature, direct promoteur

Acheter sans apport ? Ce que cachent les offres des promoteurs

Acheter sans apport ? Ce que cachent les offres des promoteurs

Que vous suiviez le marché israélien depuis New York, Paris, Londres, Moscou, Berlin ou Buenos Aires, la question est la même : quand 85 000 appartements neufs attendent preneur, les promoteurs finissent par inventer des façons de vendre sans baisser leur prix affiché. Cette semaine, deux d'entre eux ont dévoilé des montages de paiement qui font parler. Voici ce qu'ils contiennent vraiment, et ce qu'un acheteur de la diaspora doit vérifier avant de s'enthousiasmer.

85 000 appartements neufs en attente

Le stock a été détaillé dans notre article sur les invendus : 85 682 logements neufs fin août 2026, selon le Bureau central des statistiques. Face à cela, les promoteurs ont multiplié les « facilités de financement » : d'après le ministère des Finances, elles représentaient 30 % des ventes de logements neufs en août, contre 20 % en mai 2026 (Globes, 4 novembre 2026).

La Banque d'Israël avait pourtant serré la vis en mars 2025 : un financement de projet dont plus de 40 % du prix est différé exige désormais une allocation de capital de 150 %, et les prêts « ballon » subventionnés par les promoteurs sont plafonnés à 10 % des nouveaux crédits hypothécaires. Les promoteurs n'ont pas renoncé : ils réorganisent leurs offres pour respecter la lettre de la règle.

Gindi « Big Bang » : 900 000 NIS reportés de dix ans

Gindi Holdings propose environ 300 logements dans quatre projets, dont la moitié à Glil Yam (Herzliya). L'acheteur verse 20 % à la signature, puis le solde à la remise des clés, moins 900 000 NIS (environ 289 000 USD). Cette somme est reportée pendant dix ans après l'entrée dans les lieux, via un prêt « ballon » de la banque Leumi ou Mizrahi Tefahot. Gindi prend en charge les intérêts, et le montant différé ne porte ni intérêt ni indexation pour l'acheteur, à condition de passer l'examen de solvabilité de la banque.

L'expert-comptable Aviv Rufel (Max Stern Yezreel Valley College) chiffre l'avantage à environ 350 000 NIS (112 500 USD) en valeur actuelle, avec un taux d'actualisation de 5 %. Mais le capital reste dû : son remboursement au bout de dix ans pourrait alourdir la mensualité de 5 900 à 7 100 NIS par mois (environ 1 900 à 2 280 USD). Notre lecture : l'offre convient surtout à ceux qui prévoient un événement de liquidité dans 8 à 10 ans et comptent rester longtemps dans le logement. Une expertise indépendante et une confirmation écrite que l'aide subsiste si le promoteur rencontre des difficultés sont, à notre avis, indispensables.

Melisron : « acheter du neuf sans fonds propres »

Aviv Melisron adopte une logique différente : l'acheteur hypothèque un bien qu'il détient déjà (parfois celui d'un parent) pour financer l'apport, et la société prend en charge les frais financiers et les intérêts jusqu'à la livraison. Les projets sont situés à Tel Aviv, Ramat Aviv, Givatayim et Herzliya.

Le conseiller en crédit hypothécaire Yoni Berliner met en garde : ce montage augmente l'effet de levier et le risque, et le refinancement après livraison pourrait être classé comme prêt à usage général, aux conditions moins favorables. Pour un investisseur de la diaspora qui détient déjà un bien en Israël ou ailleurs, la tentation est réelle ; la prudence aussi.

Les remises « club » et le rachat en bloc

À côté des facilités de paiement, la baisse de prix passe par des remises conditionnelles. Ynet rapportait en mai 2026 qu'une campagne (Avisror Moshe & Sons, club Cibus) offrait environ 13 % de remise, jusqu'à 700 000 NIS (environ 225 000 USD). Ces remises, soumises à l'adhésion au club, ne figurent pas dans les chiffres officiels du Bureau central des statistiques : à notre avis, l'indice publié sous-estime donc probablement la baisse réelle.

Le même signal vient des acheteurs institutionnels. Selon Calcalist (relayé par Nadlan Center en juin 2026), Gindi prévoit un budget d'environ un milliard de NIS (environ 322 millions USD) pour racheter des logements invendus à des promoteurs du centre du pays, avec des rabais visés d'environ 15 % ou plus. Quand un grand acteur vise 15 %, un acheteur individuel a de bonnes raisons de négocier.

Le contexte : prix en recul, taux en pause

Les prix officiels reculent de 1,8 % sur un an (Bureau central des statistiques, via le Times of Israel, 30 octobre), et la Banque d'Israël a maintenu son taux à 3,25 % le 21 octobre ; la prochaine décision tombe le 23 novembre (Buy It In Israel). Sur un prêt d'un million de NIS (environ 321 500 USD), une baisse de 0,25 point économise à peu près 150 NIS par mois (48 USD), selon la même source. Le shekel s'échange autour de 3,11 NIS pour 1 USD. Nos articles sur les prix et sur le taux détaillent ces points.

Que vérifier avant de signer

Comparez toujours le prix « tout compris » avec le prix comptant d'un projet équivalent. Faites calculer la mensualité au moment du refinancement, pas seulement pendant la période d'aide. Exigez par écrit ce qui se passe si le promoteur est en difficulté. Et faites valider la solvabilité auprès de la banque avant de verser quoi que ce soit : l'offre dépend de son accord. Pour les bases du processus d'achat, notre guide ultime de l'immobilier en Israël reste le point de départ.

En résumé

Ces offres montrent que le marché du neuf est devenu un marché d'acheteurs : le prix affiché bouge peu, mais les conditions se négocient. Pour l'acheteur de la diaspora, l'enjeu est de distinguer une vraie remise d'un simple report de dette.

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Publié initialement sur immobilier.co.il.
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